Les fragments
Une clé USB remise dans une enveloppe kraft. Des textes altérés par des glitchs, d'origine incertaine. Une mémoire encore active imprégnait chaque partie. Quelqu'un devait décider de les transmettre.
// tome_01 — Gilles D. Blanchard
[ Fragments ]
Ils ont choisi la rupture. Quittant un système à bout de souffle,
ils ont osé l’inimaginable : bâtir un futur viable sur ses ruines.
Accès libre · CC BY-NC-ND 4.0
Dans la fourgonnette, le moteur hoquette, renâcle. Diesel douteux — marché noir ou synthèse bas de gamme. Ça sent le chaud et le plastique. Dehors, la nuit sans lune a remplacé les réverbères.
Léo sort son chargeur, le remboîte, le ressort, le remboîte encore. Il lève les yeux.
— Tu es sur le coup, tu ne veux pas venir voir ça de plus près, Leroy ? Là, c'est l'histoire qui va s'écrire sous tes yeux.
Je garde le dos contre la portière. Le froid traverse la tôle.
— Je t'ai répondu. Un bon papier qui raconte l'histoire telle qu'elle est. Ça, oui. Mais ça, non. C'est une ligne rouge, la mienne en tout cas.
Mon terminal vibre contre mon poignet. Joaquim.
< TEXTE : Mouvement secteur nord. SUV noir. Feux éteints. Approche rapide. >
Le véhicule approche. Feux éteints. Secteur nord. Pas par hasard. Ce n'est pas un contrôle de badge. J'attrape la radio.
— Léo. Léo, répondez. On a un véhicule en approche. Sortez. Maintenant.
Rien. Un souffle. Puis du grésillement.
Des fichiers retrouvés sur une clé USB. Une origine incertaine. Un monde à bout de souffle qui a choisi la bifurcation.
Une clé USB remise dans une enveloppe kraft. Des textes altérés par des glitchs, d'origine incertaine. Une mémoire encore active imprégnait chaque partie. Quelqu'un devait décider de les transmettre.
Pas un chef, pas de hiérarchie. Une adresse : codex@null-protocol.org. Un point de contact — Gare des Carbonnots, samedi, 08h04. Un réseau qui transmet sans que personne n'en connaisse l'ensemble.
Un journaliste qui refuse de franchir une ligne rouge dans une fourgonnette, la nuit, devant un datacenter. Un homme qui pressent que quelque chose lui échappe — et un email reçu un samedi matin qui va tout changer.
Des datacenters dans des zones mortes. Des SUV feux éteints, secteur nord. Des verrous magnétiques qui lâchent sur commande — et un silence radio qui dit tout. Un état d'urgence devenu infrastructure ordinaire.
154 pages. En accès libre. Ce texte est maintenant le vôtre — construisez-le à votre manière.
Le second volet est en cours d'écriture — il prolonge la bifurcation là où les fragments du Tome I s'arrêtent. Laissez votre email pour être averti dès sa publication.
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